Beaucoup de Strasbourgeois l’ignorent encore : le zoo de l’Orangerie n’existe plus. Il a fermé ses portes en 2022. Et ce qui l’a remplacé en cette année 2026 n’a rien à voir avec ce que vous imaginez. C’est même l’une des transformations les plus surprenantes du parc, mais j’y reviendrai.
Avec ses 26 hectares, le parc de l’Orangerie cache bien plus d’histoire et de surprises que la plupart des musées de la ville. Classé monument historique depuis 1993, labellisé EcoJardin et totalement gratuit, il ne cesse de se réinventer. Voici tout ce que j’ai rassemblé sur le plus ancien parc de Strasbourg : les accès, les activités, les bonnes adresses, la véritable histoire des orangers, et surtout ces nouveautés de 2026 qui changent la donne.
Informations pratiques : accès et préparation
Le parc de l’orangerie se trouve sur le boulevard de l’Orangerie, dans la Neustadt (le quartier agrandi sous la période allemande entre 1871 et 1918). Il jouxte le Conseil de l’Europe, au nord-est de Strasbourg.
L’entrée est libre et gratuite, et le parc vous accueille tous les jours, du lundi au dimanche, de 7h à 20h. Pour vous y rendre, les options sont simples :
- Tram ligne E : arrêt Droits de l’Homme
- Bus C6, 30 ou 72 : arrêts Orangerie ou Conseil de l’Europe
- Vel’hop : via le quai Mullenheim (de loin la meilleure option depuis le centre-ville)
Les chiens sont les bienvenus à condition d’être tenus en laisse tout au long de la promenade.
Que faire au jardin de l’Orangerie ? Nature et activités
L’Orangerie mélange deux styles avec brio. D’un côté, la géométrie parfaite des allées « à la française » héritées du XVIIIe siècle. De l’autre, des chemins « à l’anglaise » créés en 1832, plus sauvages et sinueux. Les deux cohabitent sur 26 hectares et offrent une ambiance différente à chaque promenade.
Des cigognes au nouveau projet Micado
Commençons par les cigognes, car elles sont l’âme du parc. Strasbourg ne serait pas Strasbourg sans elles ! En mars-avril, période de reproduction, on les entend craqueter bruyamment au-dessus des allées. Dès la fin avril, on peut même apercevoir les cigogneaux dans les nids.
Le zoo, en revanche, a fermé en 2022. Il a laissé sa place en 2026 à Micado (Maison d’initiation au comportement animal), un espace géré par l’association Ethosph’R. Les pensionnaires sont des animaux réhabilités, sauvés de laboratoires : mini-cochons, lapins, cochons d’Inde et poules.
Attention, Micado n’est pas une ferme pédagogique. C’est un lieu dédié à l’éthologie (la science du comportement animal). On y apprend à observer sans intervenir ni caresser les animaux. C’est ce qui rend le projet unique.
Point important : la visite libre n’est plus possible. L’accès se fait uniquement lors d’ateliers pédagogiques (généralement le 1er dimanche et le 3e mercredi du mois), sur réservation. D’ici 2028, l’espace devrait achever sa transformation pour devenir un véritable centre de soins pour la faune sauvage blessée.

Loisirs en famille, barques et nouveau BAD Bowl
Pour les enfants, le parc conserve ses grands classiques. La star reste l’« École de Conduite », ce célèbre circuit de voitures vintage qui traverse les décennies. L’été, une cabane à livres s’installe à l’angle du boulevard de l’Orangerie et de la rue François-Xavier Richter. On peut y bouquiner à l’ombre d’un platane, sans obligation de ramener ou d’emporter un livre.
Côté sport, la boucle de 2,2 km fait le bonheur des coureurs du quartier. Des tables de ping-pong et des espaces de pétanque sont là (pensez juste à votre matériel). Et sur le lac artificiel de 1895, la location de barques reste l’activité incontournable pour admirer le Pavillon Joséphine depuis l’eau.
Où manger autour de l’Orangerie ?
Trois ambiances, à choisir selon votre occasion et votre budget :
- La haute table : le Buerehiesel. Derrière ce nom emblématique pour les amateurs de mots alsaciens, se cache une superbe maison à colombages de 1660 qui a été démontée à Molsheim pour être reconstruite ici en 1895. Aujourd’hui tenue par la famille Westermann, c’est l’un des restaurants étoilés les plus réputés de la ville.
- L’institution locale : le Glacier Franchi. L’été, faire la queue devant leur camionnette sur le boulevard est un vrai rituel. Ils ont aussi une adresse fixe avenue de l’Europe. L’hiver, les glaces laissent place aux marrons chauds, dont l’odeur embaume les allées.
- L’option décontractée : le BAD Bowl. Le complexe propose une restauration accessible, parfaite pour déjeuner entre deux parties ou boire un verre en terrasse face aux barques.
La véritable histoire du Parc de l’orangerie
Au début du XVIIIe siècle, le parc n’était qu’une simple double allée d’arbres pour les cavaliers. Son premier plan officiel apparaît en 1735 (par le capitaine ingénieur Antoine du Chaffat), même si d’autres sources évoquent André Le Nôtre.
Mais d’où vient son nom ? Sous la Révolution, les républicains confisquent 138 orangers au château de Bouxwiller, une commune historique qui s’inscrit aujourd’hui dans la lignée des plus beaux villages d’Alsace. Strasbourg commence par refuser ces arbres immenses, puis finit par accepter
. Pour les abriter, une grande serre est commandée en 1804 à l’architecte Pierre-Valentin Boudhors. En 1806, l’impératrice Joséphine de Beauharnais s’y promène. Une fête en son honneur en 1809 donnera officiellement le nom au lieu : le Pavillon Joséphine.
En 1968, le pavillon en bois brûle, emportant les orangers historiques avec lui. Il est reconstruit à l’identique en 1972. Aujourd’hui, 25 orangers ont été replantés devant le bâtiment, et cinq autres, plus anciens, sont choyés à l’abri par des paysagistes.
Le parc prendra son visage actuel en 1895 lors de l’Exposition industrielle. Il double alors de taille et gagne son lac artificiel, sa cascade et la maison du Buerehiesel.

Un riche patrimoine à ciel ouvert
En flânant à pied, on croise des édifices étonnants :
- Le Pavillon d’Octroi : un petit temple antique face au Conseil de l’Europe.
- Le Monoptère : le kiosque en bois romantique, spot favori des jeunes mariés.
- La Cabane des Pêcheurs : l’un des derniers vestiges de l’Exposition de 1895, au bord du lac.
- Le Pavillon Joséphine : qui accueille désormais des expositions temporaires.
Ouvrez aussi l’œil pour repérer la Gänseliesel (la Lison aux oies de 1898), l’Hercule terrassant le lion (1905), ou la sculpture Les Amours du poète (1994).
L’essentiel en un coup d’œil
- Superficie : 26 hectares
- Statut : Monument historique (1993), EcoJardin
- Tarif : Gratuit
- Horaires : Du lundi au dimanche, de 7h à 20h
- Accès : Tram E, bus C6/30/72, Vel’hop
- Animaux : Chiens acceptés en laisse. Découverte de Micado sur réservation (sortiesnature.org)
- Activités : 32 pistes de bowling au BAD Bowl, barques, aires de jeux
- Restauration : Buerehiesel, Glacier Franchi, BAD Bowl
Le parc de l’Orangerie a traversé la Révolution, des expositions, un incendie et la fermeture de son zoo pour ressortir à chaque fois transformé. Si vous y allez, n’hésitez pas à prolonger votre balade par le quartier européen ou l’Église orthodoxe russe juste à côté.
Et vous, quelle est votre adresse ou votre coin secret dans le parc ? Partagez cet article et racontez-nous votre Orangerie en commentaire !


